La commission des affaires sociales du Sénat dresse un tableau sombre de la situation économique et structurelle des EHPAD. Dans un rapport paru en septembre 2024, elle signale une dégradation continue de leur situation financière, avec 66 % (et même 84 % des établissements publics) d’entre eux en déficit en 2023, contre 27 % en 2020.
Cette situation s’explique par une combinaison de facteurs conjoncturels, notamment la crise due à la pandémie de Covid-19, le scandale Orpéa, l’inflation croissante, les revalorisations salariales et l’évolution insuffisante du tarif hébergement.
L’un des points centraux du rapport est l’épuisement du modèle de financement actuel, basé sur une organisation en trois sections tarifaires (soins, dépendance, hébergement). Ce modèle est jugé obsolète et complexe, créant des coûts supplémentaires et ne répondant plus aux besoins des résidents, dont le profil évolue vers une dépendance plus lourde.
Le Sénat propose une refonte du système de tarification en fusionnant certaines sections, tout en révisant les critères de calcul des aides liées à la dépendance (forfaits soins et dépendance). Cependant, ces ajustements restent insuffisants sans une augmentation significative des financements publics. La création d’une deuxième journée de solidarité pourrait par exemple générer au moins 2,4 milliards d’euros de recettes supplémentaires.
Par ailleurs, le rapport met en lumière une crise profonde dans les ressources humaines. Le secteur du grand âge fait face à des tensions majeures en matière de recrutement, avec un manque criant de personnel qualifié. Ces difficultés impactent directement la qualité des soins et le bien-être des résidents, amplifiant une crise de confiance au sein de la population et des familles.
Pour préparer l’avenir, le rapport propose une révision du modèle des EHPAD, avec des recommandations pour un financement pérenne et renforcé. Il insiste sur la nécessité d’une refonte complète du système, ainsi que sur des investissements pour moderniser les infrastructures et améliorer les conditions de travail, dans un contexte où les défis démographiques liés au vieillissement de la population s’intensifient.