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EHPAD’Mag n°50: CARPE DIEM : UNE APPROCHE HUMANISTE ET VISIONNAIRE Dossiers

Alors que 7400 Ehpad accueillent près de 730000 personnes sur un modèle plus ou moins identique partout en France, des établissements expérimentaux et novateurs voient le jour progressivement. C’est le cas des maisons de Crolles, à quelques kilomètres de Grenoble. Elles se distinguent des établissements classiques sur plusieurs aspects : organisation, management, philosophie et accompagnement des personnes.

Dédiées aux personnes jeunes atteintes d’Alzheimer (ou maladies apparentées), les maisons de Crolles sont inspirées de la maison Carpe Diem (Trois-Rivières, Québec) qui, elle, s’adresse à toutes les personnes malades, y compris aux aînés.

Immersion dans un univers visionnaire et inspirant pour tous les acteurs du sanitaire et du médico-social.

Dossier réalisé par Laura Kolski

Des maisons conçues par et pour les personnes malades

« On est là pour vivre, pas pour attendre la mort ! » s’exclame Blandine Prevost, co-fondatrice des maisons de Crolles et elle-même touchée par la maladie d’Alzheimer depuis huit ans.  Avec son mari Xavier, Blandine a conçu la  « maison idéale », celle qui sera la sienne quand elle ne pourra plus rester à domicile.

« Quand j’ai appris que j’étais malade, j’ai demandé aux médecins : que va-t-il se passer quand je ne pourrai plus rester chez moi ? ».

De gauche a droite: Nicole Poirier, Blandine Prevost, Xavier Prevost

Elle obtenait des réponses vagues, « on verra en temps voulu » ou en encore « la science aura évolué ». Elle insistait. Un jour, un médecin lui lâche : « ce sera l’hôpital psychiatrique ou l’Ehpad ». Pour la jeune femme, aujourd’hui âgée de 44 ans, « ces solutions ont le mérite d’exister » mais elles ne lui conviennent pas. Elle a déjà accompagné son père en Ehpad et en a ressenti une grande culpabilité. Elle ne veut pas que ses enfants vivent la même chose. Elle pense à eux, à son mari. Elle veut continuer à vivre, malgré la maladie.

Avec son époux, Blandine décrit alors sur une feuille de papier une « maison idéale ». Cette maison où le résident serait un « habitant » et où il vivrait chez lui avec la liberté d’aller à son propre rythme. Une maison où il ferait bon vivre.

« Ce que nous avions imaginé avec Xavier existait déjà au Québec, avec la Maison Carpe Diem » raconte Blandine Prevost.

La rencontre avec sa fondatrice, Nicole Poirier, est déterminante et permet à cette « maison rêvée » de prendre corps. Rapidement, l’association AMA Diem (« Aime le jour, avec et malgré la maladie ») est créée pour soutenir le projet.

En février 2016, grâce à l’implication de nombreux acteurs (notamment l’ARS, le conseil général et la ville de Crolles), la « Maison rouge » et la « Maison blanche» voient le jour.

Une architecture pensée pour la liberté

« L’objectif était de créer une maison, pas un établissement de santé » insiste Blandine Prevost. Et dans une maison, on peut aller et venir à sa guise. Les portes sont ainsi toujours ouvertes. Les habitants vont où bon leur semble : cuisine, petits salons, salle à manger… Plus encore : ils peuvent sortir des maisons et de leurs jardins. Pour rejoindre un grand parc arboré aux pieds de la Dent de Crolles, il faut passer un petit portillon.

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